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On ne se réveille pas un beau matin avec des envies de Mini Transat. Après plusieurs années de réflexion, c'est finalement une pandémie mondiale qui m'a poussé à me lancer.

Nous sommes en avril 2020, le monde est presque à l'arrêt et l'épidémie de COVID19 frappe durement la France. Je viens d'apprendre que le Tour Voile 2020 est annulé alors que je devais y participer avec un équipage dunkerquois. C'est un vrai coup de massue, nous nous entrainions dur depuis l'automne 2019 dans cet objectif, défiant chaque weekend les conditions fraiches du Nord-Pas-de-Calais.

Diam 24 Voile Ambition Dunkerque

Diam 24 Voile Ambition Dunkerque

Savoir rebondir

L'annulation du Tour Voile n'est pas un fait isolé, tous les grands rendez-vous nautiques sont annulés ou reportés sine die : la voile subit les mêmes restrictions sanitaires que les autres sports. Deux solutions s'offrent à moi :

  1. Prendre mon mal en patience et attendre la saison suivante pour m'investir à nouveau dans un projet en équipage
  2. Profiter de ce temps d'arrêt obligé pour lancer un projet plus personnel, en solitaire

Cela fait déjà quelques années que je pense à la Mini Transat, cette folle course qui conduit des marins de tous les horizons à traverser l'Atlantique seuls sur de minuscules bateaux de 6.50 m. De plus, naviguer en solitaire j'y ai goûté très jeune et je sais que ça me plait. Mais j'ai jusqu'ici trouvé plus judicieux de courir en équipage : on apprend tellement en fréquentant meilleur que soit

Par où commencer ?

Finalement, en ce début de printemps 2020, entre deux réunions sur Teams, je finis par me convaincre qu'il est temps de franchir le pas. J'ai un boulot stable, un peu d'argent de côté, pas de contraintes familiales, beaucoup d'énergie à revendre, c'est maintenant ou jamais, il faut foncer !

Je suis enthousiaste mais ne sais pas quel sentier prendre pour commencer à gravir la montagne : je ne connais personne dans ce milieu de la Mini Transat. Mais ça ne me fait pas peur, je décroche mon téléphone et appelle Thibault Blanchet, ministe de la promo 2019 (on a fait la même école : les Arts et Métiers). Je retiens que la mini, ça prend beaucoup de temps, beaucoup d'argent, mais que c'est une incroyable expérience de vie. Il ne m'en faut pas plus, je suis convaincu !

Départ Mini Transat 2019

Départ de la Mini-Transat 2019 - Etape 2

Un bateau pour naviguer

Un plan se met doucement en place dans ma tête : pour pouvoir exister sur le circuit mini, il faut avant tout un bateau. Il existe deux catégories de bateaux pour courir la mini transat : les prototypes, machines en carbone très technologiques et fabriquées à l'unité, et les séries, voiliers en fibres de verre produits en plusieurs unités qui répondent à une jauge plus stricte. Je sais que je n'aurai pas assez de temps, étant donné mon travail, pour développer un prototype, et l'idées de courir à armes égales contre mes concurrents me plait assez : ce sera donc la catégorie série !

Reste à choisir le modèle de bateau parmi les séries et mon critère est simple : je suis compétiteur, je veux avoir les moyens de jouer aux avants postes, alors je choisis le bateau le plus performant : le Maxi 6.50, dessiné par David Raison. Cet architecte naval reconnu propose un bateau rapide à étrave ronde, innovation qu'il a lui-même introduite dans la course au large en 2011. Cela tombe bien, David était mon maître de stage quelques années auparavant chez Seair !

David Raison victorieux de la Mini Transat 2011 sur son scow 747

Une fois décidé, j'envoie timidement un mail au chantier IDB Marine qui produit le Maxi 6.50. Pascal, un des responsables du chantier, me rappelle ausitôt. Je comprends que la demande est forte, alors je me positionne rapidement sur la liste d'attente. Nous sommes le 18 mai 2020, la livraison du bateau est prévue pour Juillet 2021, rendez-vous pris !

Je ne le sais pas encore, mais j'ai mis le doigt dans l'immense engrenage de la mini transat, et je ne suis pas prêt d'en sortir !


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